Il est curieux d’observer que dans les années 60 des familles de franciliens se rendaient le dimanche dans un aéroport pour regarder des avions décoller. Cette promenade dominicale était l’occasion d’apercevoir un fleuron de l’aéronautique franco-britannique. Son fuselage longiligne se distinguant entre mille parmi les silhouettes des gros-porteurs. Quand le Concorde disparaissait entre les nuages, les vitrines luxueuses de la galerie marchande prenaient le relais.

Le centre commercial joue la carte de la transcendance marchande, distillant une uniformisation distrayante. Dans le monde merveilleux de la consommation de masse, c’est tous les jours le printemps. Les bourgeons n’en finissent pas de renouveler les belles fleurs des collections saisonnières.

L’esthétisme a toujours été la caution élitiste de l’économie de marché, comme la dictature des émotions est la caution politique d’une époque culpabilisante.

Il est curieux d’observer que la première zone commerciale française (Parly 2) ait été implantée à quelques kilomètres du château de Versailles. Le client devenait à double titre le roi et le sujet. Pour couronner le tout, le capitalisme marchand envoie les consommateurs dans le lit de Procuste d’une standardisation mercantile. La messe est dite.

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